Cuisine.

J’ai jusqu’à présent écrit avec en tête de rapporter des histoires desquelles je pourrais me distancier. Ces histoires sont puisées à même des vérités, et je les habille de mensonges. Je les enrobent de cachoteries pour qu’elles ressemblent à des paquets précieux et fragiles. J’ai envie de dire que mes histoires sont des histoires de maison-sorcières. Car les interwebs que je ne connais pas encore très bien. Les étiquettes et les principes qui les régissent me sont nouvelles. Je tâtonne, j’essaie. Les interwebs sont des endroits que j’apprends à explorer.

Mais il y a des soirs où mon chez moi est si étrange que les mensonges que je pourrais inventer ne saurait rejoindre la vérité des choses; et alors il me devient envisageable de raconter mes histoires comme elles se sont véritablement passées.

Chez moi nous sommes 6 – 7 en comptant mon poisson – et nous sommes innombrables si on ajoute au compte toutes nos plantes. Nous sommes 6 colocataires.
Et il arrive parfois que je rentre tard et que j’aie le cœur un peu gros, et que seule l’une de mes colocs se trouvent à la maison, et que nous parlons de notre soirée, que nous prenons au frigo la vieille guacamole du souper précédent qui ne goûtait plus rien et qu’on y ajoute de nouveaux ingrédients de sorte qu’elle devienne délicieuse, qu’on revêt des couvertures de laine comme de grands châles et que l’on danse sur du Radiohead et du Coldplay, que l’on invente des chorégraphies sous la coriandre qui sèche accrochée sur sa ficelle dans la cuisine. Nous nous couchons à même le parquet enroulées dans nos couvertures.
Il y a que nous sommes 6, et que je n’ai jamais eu autant le sentiment d’être moi-même qu’en étant auprès de ces cinq personnes.