Entre matelas et sommier.

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Habituellement dans mes journaux, j’écris surtout à propos des épreuves par lesquelles je passe. Je me sers de mes journaux comme d’une lentille pour explorer mes conflits, mes émotions complexes, mes idées noires, mes idées blanches.
Ça m’a été une belle surprise de trouver cet infime cristal d’optimisme dans cette mine de confusion.
J’ai écrit :

À chaque moment de doute, j’arrive à transformer les choses au mieux, au plus beau, au plus fantastique. Je me sens à la fois aimable et aimé.

Les moments de doute sont passagers, comme le sont les moments fantastiques et doux et beaux; le tout c’est de savoir les ramener lorsqu’ils manquent à l’appel.

Café latte et mignonette.

2015 (puis les événements de 2015 qui se sont prolongés en 2016) : une drôle d’année.

J’ai accordé beaucoup de temps, de créativité, d’énergie à des projets qui sur le coup m’étaient importants et beaux; j’ai fait des rencontres extraordinairement inspirantes; sur différents plans de ma vie j’ai acquis davantage d’expérience : en un an, j’ai certainement monté d’une couple de LVL.
Pour être tout à fait honnête, par là j’entends en 2015 j’ai daité comme si le lendemain allait s’éteindre.

Ma dernière relation sérieuse remontait à lurette. Belle lurette. Et sincèrement, il faisait bon de se sentir séduisant, et de me découvrir séduit par toutes ces différentes personnes. Les gens sont véritablement des créatures fuck top intéressantes.
Je ne m’avancerai pas dans une description de la sexualité que j’ai pu partager avec ces personnes, ni même des revers qu’on pu prendre nos relations.
Un : cette sexualité ne regarde que la personne avec qui je l’ai partagée et moi-même.
Deux : nous vivons dans une culture où l’on peut retrouver des images à caractère sexuel jusque sous les pierres dans les bois. Notre ère est fasciné par le sexe. Tous et toutes en parlent, en vivent, en veulent, en voient, en consomment, en mangent. Sans arrêt. J’ai envie d’offrir autre chose.
Trois : il n’est pas chose facile que de parler d’amour, de sexualité, de daite d’une manière qui sera ouverte, positive, respectueuse, d’une manière qui ne sera pas dégradante ou mesquine. Nos désirs, nos émotions colorent notre discours, et à notre insu (et c’est là toute l’épine de la question) on peut blesser ou aliéner des individuEs (des gens pour qui l’on a de l’affection comme des gens inconnues) voire une tranche de population; Oui simplement en parlant grossièrement de sujets qui peuvent être sensibles pour certaines personnes. On peut aisément paraître colon en racontant nos histoires de cul…

Ainsi 2015 se termine, mi-2016 approche et les derniers rebondissements des histoires entamées en 2015 rebondissent pour leur toute dernière fois. J’ai certes quelques début d’histoires potentielles qui pourraient être entamé, le cœur n’y est pas vraiment. Veux-je entamer des histoires?
Cette dernière année a été fort enrichissante, mais également fort prenante physiquement, émotionnellement, spirituellement… Si comme je mentionnais plus haut, sur certains plans j’ai monté de LVL, d’autres plans de mon existence n’ont pas reçu la même attention et stagnent depuis. Je travaille sur une collection de nouvelles depuis au moins deux ans maintenant. Sur mon profil OKC, j’écris : «Je compare souvent l’exercice à jouer au Lego couché sur la moquette du salon de ma maison d’enfance; mais en lieu des blocs, de construire avec des mots, des situations et des personnages.» Ce travail est pour moi redoutablement enrichissant, fun et énergisant. Pourtant je ne crois pas avoir écrit ou corrigé une ligne de texte dans les quatre mois. J’écrivais, avant, pour ce blog et c’était nice.
Je ne remets pas en doute la qualité des moments que j’ai passé dans les bras des gens que j’ai daité. Véritablement c’était nice, même si ces moments ont pu amené leur lot de déception. Je crois que pour un temps, il me faut me retirer du monde et me concentrer sur mon travail. Il n’y aura pas d’autres moments dans ma vie sinon maintenant pour accomplir cette chose qui m’importe. Quitte à ce que mon lit et mon cœur reste un peu froid. Quelques semaines… Quelques mois…

N’empêche, certaines choses vont me manquer. Mon plan favori de première daite : attraper un café, une canette de bière, marcher dans les rues, les parcs, les terrains vagues et parler, parfois s’asseoir sur un banc que le hasard à placer sur notre chemin, ou sur un bord de trottoir, laisser les choses se dérouler sans mettre de pression. Si le cœur y est, si les deux parties ont l’espace mental pour rester sans jugement, pour rester curieux, pour découvrir et tisser des liens, je suis convaincu que même deux parties irréconciliables par leurs divergences sauront apprécier le moment. On ne peut pas passer un mauvais moment à marcher, parler de tout et de rien et boire un café ou une mignonnette de gin soda.