Entendue, complète.

C’est avoir une journée de libre et la constater se meubler de surprises et de hasards doux et bizarres.

Croiser son ex et lui confier l’inavoué. Se poser sur un banc de parc, jaser âme avec une inconnue. Manger un gelato au matcha. Frôler la mort. Se réveiller d’un rêve qui chamboule.
Recueil de nouvelles? Poésie? L’un et l’autre, qu’importe. L’ensemble invite.

Résonne dans l’imaginaire ces choses que l’on avait oubliées, la nostalgie de l’inestimable retrouvé.
Maggie Roussel énonce ses fragments comme des oracles. Les mots sont clairs. Le sentiment juste. La conviction irréfutable. Nous comprenons. Nous sommes d’accord. Nous savons ce qu’il faut faire

Nous signons. Les termes du contrat se défilent. Envoutés, nous n’y voyons que du feu.

Okay.

Plus aucun retour en arrière ne saura contenir la nature;
orages, piments de la Jamaïque, papiers buvards.
Les courant importuns arrachent mes chrysanthèmes. Je vais fermer les mauvaises portes. Le thym, le trèfle, le pissenlit poussent sur mes joues.
Je me réapproprie, je tire aux cartes soiréement.

Répit.

Refuser d’être conforme : accepter ce que le monde refuse. Devenir ce qui est souvent réfuté. Le monde aura beau faire pour entrer dans la sphère poétique d’une œuvre, il n’en percera jamais la surface. Étanchéité à toute épreuve.

Un son mat, fragile, régulier traverse pourtant l’opacité de la poésie. C’est le bruit que fait le monde lorsqu’il se brise sur l’acte poétique, sur l’imaginaire. Le bruit du monde qui se brise sur son reflet que l’honnêteté a distordue. Le bruit de notre être que le ressac entraine contre notre propre visage magnifié.

Pourtant cet écho est rassurant : il rappelle que nous sommes ancrés dans le non-poétique, protégés des affres de la poésie qui tempêtent au large. Cet écho rappelle le heurt que subit la parcelle de monde devant ses propres vérité et ce alors qu’il reste à l’abri.

La poésie aura beau faire, elle est prisonnière de ses crépuscules violets et roses, prisonnière des foudres qu’elle jette sur les vagues énormes de la nuit. Le monde à sa façon est d’une étanchéité à toute épreuve.
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